Huit dossiers ont été retenus sur le volet innovation et infrastructure, neuf sur le volet financement des PME.

La France et l’Italie se sont montrées convaincantes pour se faire financer des projets, via le plan Juncker. Ce sont les deux pays dont «les porteurs de projets se sont le mieux mobilisés», souligne le Commissariat général à l’investissement, en présentant le bilan 2015 du dispositif. L’an dernier, l’Hexagone a vu 17 projets retenus par Bruxelles dans le cadre du plan Juncker: 8 sur le volet innovation et infrastructure du plan opéré par la Banque européenne d’investissement (BEI), 9 sur le volet financement des PME géré par le Fonds européen d’investissement (FEI). Pour être retenus, les projets devaient répondre aux priorités de la Commission de stimuler l’économie en comblant l’insuffisance d’investissement en Europe. Il manquait 2 points de PIB d’investissement dans l’UE en 2013, soit environ 300 milliards par rapport à la moyenne de long terme.

L’an denier, la BEI a par exemple pris une participation de 50 millions d’euros dans le fonds d’infrastructure Capenergie 3 qui participe à des sociétés de projet pour créer des parcs d’éoliennes, des fermes photovoltaïques ou des méthaniseurs. Elle a contribué, pour 18 millions, à la deuxième levée du fonds Ginko spécialisé dans la dépollution de friches industrielles. Et approuvé des prêts à très long terme à des grands projets d’infrastructure, comme le déploiement du très haut débit numérique en Alsace (123 millions) et Nord-Pas-de-Calais (147 millions).

Impulsion de 9,4 milliards

De son côté, le FEI a accordé une garantie à Bpifrance pour financer et accompagner la création d’entreprises nouvelles via son fonds d’amorçage. Aux côtés de financements privés, «le montant total des investissements auxquels la BEI et le FEI ont donné une impulsion en France est estimé à 9,4 milliards», souligne le bilan.

Et ce n’est pas fini. Au printemps, des projets industriels de création ou de modernisation d’usines seront examinés. La BEI «envisage de prêter» près de la moitié du coût de création en Normandie d’une usine moderne de production de lait UHT. Elle prévoit aussi de participer à la création en France de la première usine européenne de recyclage et de refonte des déchets de titane aéronautique.