Une entreprise, c’est surtout des hommes qui travaillent ensemble », disait autrefois Auguste Lannoye, le fondateur des papeteries de Genval et de Mont-Saint-Guibert. Près de cent ans plus tard, on pourrait le paraphraser aisément puisque sur les deux sites qu’il a fondés, on pourra bientôt dire que ce sont surtout des hommes qui « vivent » ensemble.

Après les « Papeteries de Genval », où l’on fabriquait autrefois du papier peint et du balatum, voici donc que débute la construction des « Jardins de l’Orne », là où l’on fabriquait autrefois du papier kraft. Un projet de 60 millions d’euros pour 235 habitations sur 6 hectares dans l’entité de Mont-Saint-Guibert, avec une première phase prévue pour la Résidences des Hayeffes, un immeuble à appartements de 62 unités, avec 47 parkings en sous-sol, et de 45 habitations sur 5 hectares dans l’entité de Court-Saint-Étienne, où douze premières maisons sont déjà bien avancées.

Si à Genval, c’est la société Equilis, filiale du groupe Mestdagh, qui s’est chargée de la réhabilitation, c’est le fonds Ginkgo qui entre en action à Mont-Saint-Guibert. Spécialisé dans la revalorisation durable de sites significativement pollués en Europe, ce fonds s’appuie sur des partenaires aussi divers que le groupe Edmond de Rothschild, la Caisse des dépôts française, la Société fédérale de participations et d’investissement, la Banque européenne d’investissement ou la Société régionale d’investissement de Wallonie.

Ce Fonds Ginkgo s’est d’abord attelé à dépolluer le site pour 2,5 millions d’euros, avec suivi sur cinq ans, et à raser l’ancienne papeterie : 16.000 m2 de bâtiments s’élevant parfois jusqu’à 27 mètres de haut. Imaginez le bonheur pour les riverains de la rue Auguste Lannoye ! Ils vont pouvoir disposer à présent en face de chez eux d’un quartier nouveau que Jean-Luc Son, le promoteur des Jardins de l’Orne, voit comme un « complément au centre » de Mont-Saint-Guibert, avec une nouvelle « place de la Papeterie », une « boucle Jean-François Breuer » en hommage à l’ancien bourgmestre qui a lancé le dossier, et une « Coulée verte » avec un chemin piétonnier et cycliste. Il est également question de deux surfaces pour les professions libérales et d’un commerce de 400 m2. Avec la maison la moins chère dès 254.000 euros ou un studio dès 120.000 euros.

Particularité de la vente de ce nouveau quartier ? L’Oculus Lift permet d’en faire la visite en 3D à bord d’une montagne russe virtuelle qui vous fait perdre réellement l’équilibre. « Ce n’est pas une révolution pour Mont-Saint-Guibert, note le bourgmestre Philippe Evrard (Ecolo). C’est une évolution pour un village qui en finit avec son passé industriel. » Parmi les points forts du projet, on pointera surtout la possibilité future d’aller à vélo depuis Beaurieux jusqu’aux écoles des Hayeffes, notamment avec la réhabilitation d’un petit pont, l’aménagement d’un bief qui va permettre de remettre l’Orne à ciel ouvert, le lit d’origine passant toujours sous l’ancienne dalle, ou encore l’arrivée de la crèche du Pachy qui va quitter Louvain-la-Neuve et passer à 36 lits. « Il faudra juste régler la Boucle qui va s’étendre sur deux communes, précise le maïeur guibertin. Avec des impôts et des collectes des déchets différents… On devrait arriver à un accord. »

JEAN-PHILIPPE DE VOGELAERE – Le Soir