Gingko a racheté à Uccle un site de 4,2 hectares qui a longtemps abrité l’imprimerie Illochroma. À l’abandon depuis dix ans, il devrait accueillir un nouveau quartier mixte réunissant entre autres des logements, des commerces et des bureaux.

David Vermeesch et Bruno Farber comptent faire un nouveau quartier de ce site à l’abandon depuis une décennie.

Le quartier du Bourdon, à Uccle, près de la gare de Calevoet, c’est un endroit de passage où les projets immobiliers ont poussé comme des champignons ces dernières années. BPI et Thomas et Piron y ont ainsi bâti des constructions qui ont densifié une zone jusque-là fort tranquille.

Un autre projet y est prévu à terme. Il est dans les cartons de Ginkgo et de Belsquare. Créé en 2010 à l’initiative du groupe Edmond de Rothschild, le premier est un fonds d’investissement qui s’intéresse exclusivement à la réhabilitation de friches urbaines qui nécessitent un important travail de dépollution. Créée il y a 5 ans, la seconde est une société de courtage en immobilier qui agit comme intermédiaire.

La première fois que Ginkgo et Belsquare ont uni leurs efforts remonte à quelques années quand le fonds d’investissement rachète le site Dunlop à Tournai. Belsquare entre dans la danse un peu plus tard et trouve un occupant (la banque BNP Paribas Fortis) qui a installé son siège régional au sein de la partie réservée aux bureaux du projet intitulé depuis « Les Jardins de la Pasture ».

La perle rare

Fort de cette expérience fructueuse, une deuxième « touche » est opérée lorsque Ginkgo déniche la « perle rare » qui prend la forme d’un terrain de 4,2 hectares sur la plaine du Bourdon. Deux sites s’y juxtaposent, dont l’un a été longtemps occupé par l’imprimerie Illochroma. Situé en bordure de la rue du Château d’Or, à quelques encablures du pont de chemin de fer, il est resté à l’abandon pendant une dizaine d’années. « Un site de 4,2 hectares dans une commune de Bruxelles, il n’en existe plus beaucoup, se réjouit Bruno Farber, le directeur général de Gingko. Très vite, le potentiel du site nous est apparu et nous avons eu l’idée d’y développer un nouveau quartier de ville avec à la fois du résidentiel, du commerce car il n’y en a aucun dans la zone, des bureaux, des ateliers et des équipements. Encore fallait-il acquérir le terrain. Belsquare nous a aidés. »

Grâce à ses contacts, la société de courtage trouve le vendeur (SBS, une structure familiale de promotion immobilière d’origine israélienne) et finit par le convaincre de vendre. « Les négociations furent difficiles mais la grande expérience en matière de dépollution des sols de Gingko a fait la différence, explique David Vermeesch, associé chez Belsquare. Trois phases sont prévues dans le projet. La première sera la zone la plus importante qui regroupera le plus de mixité puisqu’elle comprendra 170.000 m2 de résidentiel, soit à peu près 170 logements, 3.000 m2 de retail, 6.500 m2 de bureaux et un peu d’équipements encore à définir. La deuxième phase(NDLR : qui s’étend à l’arrière de la première et se prolonge le long du chemin de fer pour déboucher sur la rue du Bourdon voisine) proposera 8.000 m2 de logements. Quant à la troisième, elle reste encore à définir. Le logement devrait y être majoritaire mais tout dépendra de la commercialisation. »

Rayon budget, les langues se délient difficilement. On apprend que Gingko déboursera 25 millions d’euros en fonds propres, le reste fera l’objet d’un emprunt bancaire. Au total, le projet qui n’a pas encore de nom pourrait tanguer entre 75 et 100 millions d’euros. « Nous allons travailler avec le bureau d’architecture A2RC, explique Bruno Farber. Notre volonté est de développer un site fort sur le plan architectural et exemplaire sur le plan de l’économie circulaire qui limitera, par exemple, la circulation des camions dans une partie de Bruxelles déjà fort encombrée. Les deux sites se situent dans une zone qui a fait l’objet d’un PPAS (plan particulier d’aménagement du sol). Nous prévoyons de déposer les permis pour la première phase d’ici la fin 2019 avec un début des travaux en 2021. Mais il reste encore beaucoup de points à définir, et notamment le type de permis qui doivent être déposés. »

On l’aura compris : le nouveau quartier n’est pas pour tout de suite mais les Ucclois savent à présent à quoi s’en tenir : les vestiges de l’imprimerie Illochroma, qui trônent comme un coup de poing au milieu de la figure le long d’une voie d’accès qui mène à l’autoroute de Paris, ont leurs heures désormais comptées.

Le projet bénéficie, il est vrai, d’une situation idéale puisque la gare de Calevoet est rejoignable en quelques minutes à pied. Celle du Moensberg (qui n’attend que le détricotage de l’épineux dossier du RER pour voir le jour…) est un peu plus éloignée mais elle sera un atout majeur pour qui veut rejoindre, par exemple, le quartier européen en quelques minutes de train à peine.

Fort de son portefeuille de 240 millions d’euros, le fonds Ginkgo s’appuie sur des partenaires parmi lesquels la Caisse des Dépôts française, la Société fédérale de participations et d’investissement (SFPI), la Banque européenne d’investissement et la Société d’investissement de Wallonie. De l’aveu de son directeur général, il analyse quelque 50 dossiers par an et n’en retient qu’un dixième. Pour l’heure, il gère une quinzaine de développements en France, en Espagne et en Belgique où ils sont au nombre de quatre : Les Jardins de l’Orne à Mont-Saint-Guibert, les Jardins de la Pasture à Tournai, un projet à Ottignies sur le site de la décharge du Corbeau et maintenant le site du Bourdon.